Les 7 mouvements de la colonne : une architecture mobile

Notre colonne vertébrale n’est pas cette structure rigide qu’on imagine, mais un empilement de possibilités. Sept possibilités, pour être précise : les sept mouvements de la colonne vertébrale.

Une architecture mobile

Notre colonne vertébrale peut bouger dans sept directions distinctes :

Flexion – se pencher vers l’avant, arrondir le dos

Extension – se cambrer, ouvrir la poitrine vers le ciel

Flexion latérale droite – s’incliner sur le côté droit

Flexion latérale gauche – s’incliner sur le côté gauche

Rotation droite – tourner vers la droite

Rotation gauche – tourner vers la gauche

Extension axiale – s’allonger verticalement, comme si on déployait l’espace entre chaque vertèbre

Cette dernière est souvent oubliée alors qu’elle est sans doute la plus précieuse. C’est un mouvement subtil de création d’espace, d’élongation douce. Vous le ressentez quand vous imaginez le sommet de votre crâne attiré vers le plafond ou tiré par un fil (souvent l’image utilisée dans les cours). Ce mouvement s’appelle aussi l’auto-grandissement.

Pourquoi connaître ces 7 mouvements change votre rapport au dos ?

Connaître ces sept mouvements, ce n’est pas juste de l’anatomie théorique. C’est vous donner une carte sensorielle pour explorer votre propre dos.

On peut avoir mal au dos à différents endroits: en bas, en haut, ne parlons pas d’anatomie… Mais on peut aussi avoir mal au dos de différentes façons. Grâce à la compréhension des ces 7 mouvements, vous pouvez sentir que cette zone ne fait pas de rotation ou que vous avez perdu la flexion latérale, vous devenez capable de dialoguer avec votre corps.

Observer les 7 mouvements dans la vie quotidienne

Je ne vous propose pas d’aller vérifier chaque mouvement comme une checklist.

L’invitation, c’est plutôt de commencer à remarquer. Aujourd’hui, en vous penchant pour ramasser quelque chose, votre colonne fait-elle vraiment une flexion fluide, ou est-ce que tout se plie à partir des hanches ? Quand vous tournez pour regarder derrière vous en voiture, la rotation se distribue-t-elle dans toute la colonne, ou est-ce que votre cou fait tout le travail ?

Parfois, je passe plusieurs jours à simplement observer un seul de ces mouvements dans ma vie quotidienne. Les flexions latérales pour observer sous la table, les rotations lorsque l’on se retourne pour attraper quelque chose. Cette attention portée aux mouvements ordinaires vous permet, plus que n’importe quelle posture technique, de développer une meilleure compréhension de votre corps et de ses éventuelles restrictions.

Comment les mouvements de la colonne se combinent

La cerise sur le gâteau : ces sept mouvements ne sont pas indépendants ! Ils se combinent, s’influencent, créant des possibilités infinies. Une torsion n’est jamais qu‘une torsion, elle contient toujours un peu de flexion ou d’extension, une nuance de latéralité.

Votre colonne raconte l’histoire de comment vous avez vécu, comment vous vous êtes protégé, comment vous avez compensé. Les zones qui bougent facilement et celles qui sont devenues silencieuses. Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, cette histoire n’est pas figée.

Chaque mouvement conscient, même minuscule, est une occasion de réécrire quelque chose.

Par où commencer: l’extension axiale

Si vous voulez entrer en relation avec ces sept mouvements, je vous suggère de commencer par le plus doux : l’extension axiale.

Asseyez-vous confortablement. Imaginez un fil qui s’attache au sommet de votre crâne et vous tire délicatement vers le haut. Pas en forçant, pas en se raidissant. Juste en créant une intention d’espace vertical. Vous allez sentir votre cou qui s’allonge, c’est à dire vos cervicales qui reprennent de l’espace permettant à votre tête un meilleur soutien. Souvent, on ressent le besoin de reculer un peu le menton pour que la tête soit vraiment dans son plein équilibre. C’est ce que l’on appelle le port de tête.


Les sept mouvements de la colonne ne sont pas une technique à maîtriser, mais une langue à apprendre pour converser avec votre propre dos. Et comme toute langue vivante, on ne l’apprend pas dans les livres, mais dans la conversation elle-même. Pratiquez !


À propos de l’auteure

Pratiquante intuitive, je suis curatrice exploratrice en yoga intuitif et conscience corporelle. Formée au Hatha et au Yin et pratiquante Iyengar de longue date, j’explore comment la pratique du yoga transforme notre relation au corps et au quotidien.

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Mise à jour janvier 2026.